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Mapping design territories

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Mapping
design territories

Essay: In the age of the global village, nominees move across geographies. Whether these are physical or metaphorical, they locate and expand design practices.
An image from the collection “CH 2127 Les Bayards” by Bryan Colò, who takes a satirical angle to talk about his origins. Here, the model is shot in front of the local dairyPhotograph: Cynthia Mai Amman

Text by JONAS BERTHOD

April 17, 2019
[→ English]
[→ Français]

It is hardly news that the scale of our world has changed radically in the last twenty years. In the 1990s, McLuhan’s global village became our reality.Marshall McLuhan’s idea was that electronic media would turn the world into one village thanks to the possibility for information to travel instantaneously. Marshall McLuhan, “The Gutenberg Galaxy”. Toronto: University of Toronto Press, 1961. We began using the internet on a large scale and the European deregulation of air travel markets gave rise to low-cost flights. Mobility has improved to the point where it is no longer surprising to study abroad, commute across borders or keep clients you have never met in places you have never been. Still, it would be an overstatement to affirm that the influence of geography has been reduced to the point of non-existence. Even a cursory glance at the news will prove you wrong: the migration of people and goods is still held against the sometimes tragic reality of borders, tunnels or lifeboats. Unions can be made and left, but what about the movement of ideas? They do not require passporting rights and easily jump walls. So how and where do they travel? What’s the influence of locality, migration or transnationality on designers’ practices? In short, how do they live in this global village?

In this year’s selection of nominees to the Swiss Design Awards, many projects show the influence of geographies. Whether maps or territories, toponomies or topographies, the selection of projects that follow provide a glimpse of the personal terrains informing the nominees’ practices.

On ne vous apprendra rien de nouveau : l’échelle de notre monde a changé radicalement dans les vingt dernières années. Dans les années 1990, le village global de McLuhan est devenu réalité.L’idée de Marshall McLuhan était que les médias électroniques transformeraient le monde en un seul village grâce à la transmission instantanée d’informations. Marshall McLuhan, « The Gutenberg Galaxy ». Toronto : University of Toronto Press, 1961. On a commencé à utiliser Internet à grande échelle et la dérégulation du marché aérien européen a donné naissance aux vols low-cost. La mobilité s’est améliorée au point où il n’est plus surprenant d’étudier à l’étranger, de faire des trajets pendulaires au-delà des frontières ou d’avoir des clients que l’on n’a jamais rencontrés dans des endroits où l’on n’est jamais allé. Ceci dit, il serait exagéré d’affirmer que l’influence de la géographie a été réduite au point de non-existence. Même un coup d’œil rapide aux nouvelles vous prouvera le contraire : la migration des biens et des personnes se heurte encore à la réalité, parfois tragique, des frontières, des tunnels et des bateaux de sauvetage. Les associations d’Etats se font et se défont, mais qu’en est-il du mouvement des idées ? Ces dernières n’ont pas besoin de passeport et franchissent facilement les murs : comment et où voyagent-elles ? Quelle est l’influence de l’emplacement, de la migration ou de la transnationalité sur la pratique des designers ? En d’autres termes, comment vivent-ils dans ce village global ?

Dans la sélection des nominé·e·s aux Swiss Design Awards 2019, plusieurs projets démontrent l’influence de toute une série de géographies. Qu’ils soient cartes ou territoires, toponymies ou topographies, les projets qui suivent donnent un aperçu des lieux et des géographies qui ont inspiré la pratique des designers.

Local dialects on a global scale
Dialectes locaux à échelle globale
[→ English]
[→ Français]

Although Switzerland is small, regional dialects are identifiable. Designers are not necessarily explicit about these local vocables which convey a geography that may not be determining but is discernible. A perfect example is the work of graphic designers PIN (Larissa Kasper, Samuel Bänziger and Rosario Florio). From the publications they submit to the organisation of their portfolio, PIN demonstrates a masterful programmatic method that creates a sense of architecture within the layouts. Tense margins, a structural grid and pulsating rhythms all bear the trademark of a lesser-known St Gallen tradition: the stark beauty of its book design.

Bien que la Suisse soit petite, des dialectes régionaux sont identifiables. Les designers ne sont pas forcément explicites sur ces vocables locaux traduisant une géographie qui n’est peut-être pas déterminante, mais bien discernable. Le travail du studio de design graphique PIN (Larissa Kasper, Samuel Bänziger et Rosario Florio) en est un parfait exemple. Des publications qu’il soumet à l’organisation de son portfolio, PIN fait preuve d’une méthode programmatique magistrale qui crée des mises en page architecturales. Les marges tendues, la grille structurelle et ses rythmes vibrants sont le signe distinctif d’une des traditions les moins connues de Saint-Gall : la beauté saisissante de son design du livre.

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The book “Space of Production” designed by PIN and published by EPFLPhotograph: PIN
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The book “Vierzig Jahre Gegenwart” designed by PIN and published by Scheidegger & SpiessPhotograph: PIN
[→ English]
[→ Français]

Conversely, the posters of graphic designers Neo Neo (Xavier Erni and Thuy-An Hoang) are ambassadors of the Geneva poster scene. The local accent is perceptible in the playful but relatively sober use of vernacular elements, graphics and typefaces. These elements contribute to the creation of a subtle awareness of provenance. It is far from being caricatural and may only be perceptible to the connoisseur. Still, just like PIN is firmly located in St Gallen, Neo Neo’s work is undeniably the fruit of a Genevan studio.

Inversement, les posters du studio Neo Neo (Xavier Erni et Thuy-An Hoang) sont de vrais ambassadeurs de la scène genevoise de l’affiche. L’accent local est perceptible dans l’utilisation badine, mais relativement sobre, d’éléments vernaculaires, de polices et d’éléments graphiques. Ces éléments contribuent à la création d’une sensation subtile de provenance. Loin d’être caricaturale, elle est peut-être seulement perceptible pour le connaisseur ; mais tout comme PIN est fermement ancré à St Gall, le travail de Neo Neo est indéniablement le fruit d’un atelier genevois.

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Moveable feats
Faits mobiles
[→ English]
[→ Français]

A different type of geography is perceptible in the work of nominees who go on studying outside of Switzerland. They develop undefinable accents: their work is neither fully from here nor there. A Dutch air is noticeable in the work of graphic and type designer Mateo Broillet, both in its visual language and conceptual approach. His interest in the affect of letters through their social, geographic and political constructions are the legacy of his studies at the Sandberg Instituut. “Coming to study at the Sandberg, the challenge was that the tutors were more interested in the narration surrounding the project rather than in the project itself. [To caricature], while in Switzerland people are fascinated by the technical aspect of typefaces, this is of no interest to Sandberg tutors. They see narrative potential as the source of forms rather than the other way around.”

Un autre type de géographie est perceptible dans le travail de nominé·e·s qui continuent leurs études en-dehors de la Suisse. Ils développent des accents indéfinissables : leur travail n’est ni complètement d’ici ni de là. Un air néerlandais est apparent dans le portfolio du designer graphique et typographe Mateo Broillet, tant dans son langage graphique que dans son approche conceptuelle. Son intérêt pour l’affect des lettres – leur état moral – à travers leurs constructions sociales, géographiques et politiques sont l’héritage de ses études au Sandberg Instituut. « Le challenge en venant de Suisse au Sandberg, c’était que l’intérêt des tuteurs se portait sur une narration du projet, plus que sur le projet en lui-même. [Pour caricaturer], tandis qu’en Suisse il y a une fascination pour l’aspect technique de la typographie, c’est perçu comme quelque chose de peu d’intérêt à Sandberg. Le fait de développer sa narration, ‹ son histoire ›, est vu au Sandberg comme quelque chose dont l’application concrète va découler, plutôt que l’inverse. »

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Institutions have more impact on design practices than the countries in which we study.

Les institutions ont plus d’impact sur les pratiques du design que les pays dans lesquels elles sont situées

[→ English]
[→ Français]

Broillet further explains that the influence is micro rather than macrocosmic: institutions have more impact on design practices than their countries. “For instance, the MA in type design at The Hague is just as interested in the technical aspect of type design [as ECAL’s MA], while the one at Reading is more academic.” Impossible, then, to predict how Broillet’s practice would have evolved had he studied somewhere else.

Broillet explique ensuite que l’influence est micro- plutôt que macrocosmique : les institutions ont plus d’impact sur les pratiques du design que les pays dans lesquels elles sont situées. « Par exemple, le Master Type Media à La Haye me semble tout aussi ‹ technique ›, alors que son homologue britannique de Reading est plus porté sur le monde universitaire. » Impossible, donc, de prédire comment Broillet aurait développé sa pratique s’il avait étudié ailleurs.

[→ English]
[→ Français]

Another example, this time with a New Haven/New York accent, is the work of graphic designer Ben Ganz. During his master’s degree at Yale, he developed a language combining his previous Swiss design education and a personal approach. His interests led to a series of posters combining innovative design devices. Ganz modified printers to control overprinting, the speed of the canvas and the material. He also bridged the gap between two and three dimensions. The first series of posters was displayed in frames reminiscent of storage shelves, while the second was made of folded aluminium sheets. Although their layout can be placed within a Swiss legacy, the striking sculptural quality of the installations demonstrates a boldness encouraged by the tradition at Yale of redefining the physicality of design artefacts.

Un autre exemple, cette fois avec un accent de New Haven/New York, est le travail du designer graphique Ben Ganz. Pendant son Master à Yale, il a développé un langage associant un bagage provenant de ses études de design en Suisse et une approche personnelle. Ses intérêts l’ont conduit à créer une série de posters combinant des dispositifs innovants. Ganz a modifié des imprimantes de manière à contrôler la surimpression, la vitesse du support et son matériau. Comblant le fossé entre deux et trois dimensions, la première série d’affiches a été montée dans des cadres qui rappellent des étagères d’archivage, alors que la deuxième a été imprimée sur des plaques d’aluminium qui furent ensuite pliées. Bien que leur mise en page puisse être placée dans un héritage suisse, la qualité sculpturale des installations fait preuve d’une audace encouragée par la tradition de Yale, qui tend à redéfinir la présence physique d’objets du design.

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Ben Ganz’s Yale DMCA Visiting Artists poster (2016). Produced with a modified printer and hung on a metallic structurePhotograph: Ben Ganz
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Ben Ganz’s Yale DMCA Visiting Artists poster (2017). Produced with a modified printer on aluminium plates that were then bentPhotograph: Ben Ganz
Don’t ask where I’m from, ask where I’m a local
Ne me demande pas d’où je viens, demande-moi où je suis un local
[→ English]
[→ Français]

The physical environment is the most apparent realm of geography. Some nominees organise their work on a global scale by moving their studio abroad or collaborating across locations. For these designers, the question is not so much where they come from as where they are a local.Taiye Selasi, “Don’t ask where I’m from, ask where I’m a local”. Lecture presented at TEDGlobal 2014 in Rio de Janeiro, Brazil, 2014. How does their surroundings or travels influence their practices? The architect Daniel Zamarbide is an example of this multi-locality. The title of his submission, Terpsichorean Geographies,Terpsichore is the muse of dance. is particularly fitting as his own career gracefully glides across locations. Working as BUREAU, the scenography nominee has offices both in Lisbon and Geneva, and the projects submitted this year span Switzerland, the US and France.

L’environnement physique est le domaine le plus apparent de la géographie. Certain·e·s nominé·e·s organisent leur travail à l’échelle globale en déplaçant leur atelier à l’étranger ou en navigant entre plusieurs ports d’attache. Pour ces designers, la question n’est pas tant d’où ils viennent, mais plutôt où ils sont du coin.Taiye Selasi, « Don’t ask where I’m from, ask where I’m a local ». Conférence presentée à TEDGlobal 2014 à Rio de Janeiro, Brésil, 2014. Comment est-ce que l’environnement ou les voyages influencent leurs pratiques ? L’architecte Daniel Zamarbide est un exemple de cette « multilocalité ». Le titre de son dossier, Terpsichorean Geographies,Terpsichore est la muse de la danse. convient particulièrement à sa carrière qui fait un gracieux pas glissé d’un endroit à l’autre. Travaillant sous le nom de BUREAU, le nominé en scénographie a des ateliers à Lisbonne et à Genève, et les projets qu’il soumet cette année couvrent la Suisse, les Etats-Unis et la France.

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“I have never really had a homeland, this place where you go to redefine your identity.”

« Je n’ai jamais vraiment eu de pays d’origine, cet endroit où tu vas pour redéfinir ton identité. »

[→ English]
[→ Français]

“I find myself comfortable navigating within a small diversity of places. Early on, I was ‘unrooted’ from a little and comfortable town in the Spanish Basque Country to Geneva, and now to Lisbon. Since then I have never really had a homeland, this place where you go to redefine your identity. I believe that identity does not need to be based on national criteria. It is therefore quite natural that I find myself between two different countries.”

« Je me sens à l’aise quand je me déplace au sein d’une petite diversité d’endroits. Très tôt, j’ai été ‹ déraciné › d’une petite ville confortable dans le Pays Basque espagnol vers Genève, et à présent à Lisbonne. Depuis, je n’ai jamais vraiment eu de patrie, cet endroit où tu vas pour redéfinir ton identité. Je crois que cette dernière n’a pas besoin d’être basée sur un critère national. C’est donc plutôt naturellement que je me retrouve entre deux pays différents. »

[→ English]
[→ Français]

“Travelling is not exotic anymore, it has become so easy and natural. In that undefined time, I reflect, develop projects, evade, or just sleep! Although we are a small practice, we all travel a lot. The office thus becomes a space to socialise, to meet, to share, the place where we can gather together. Being based in two locations is freeing. In this context, work has developed consequently. The displacement interferes with our design process and our thinking. It is a great experience which forces you to change what you take for granted, bringing a certain form of elasticity to our thinking and our design interests.”

Product designer Julie Richoz shares a similar approach to changing contexts as a way to expand her practice. She presents four projects developed in Europe, Latin America and Asia. But Richoz’s displacement is temporary, mainly through residencies and collaborations with local artisans. While she sometimes cites local vocabulary, she most often bridges regional techniques with her own creative language. Thanks to this process, she creates design objects that transcend their geographical origins.

« C’est devenu si facile et naturel de voyager que ça a perdu tout exotisme. Dans ce laps de temps non défini, je réfléchis, développe des projets, m’évade ou dors, tout simplement. Bien que nous soyons une petite équipe, nous voyageons tous beaucoup. L’atelier devient donc un endroit où se socialiser, se rencontrer, partager – l’endroit où l’on peut être ensemble. C’est libérateur d’être basé dans deux lieux. Dans ce contexte, notre travail s’est développé en conséquence : le déplacement interfère avec notre processus de design et notre réflexion. C’est une expérience formidable qui nous force à changer ce que l’on tient pour acquis. Cela donne une forme d’élasticité à nos réflexions et nos intérêts dans le design. »

La designer de produit Julie Richoz a la même approche des changements de contexte, qu’elle voit comme une méthode pour développer sa pratique. Elle présente quatre projets développés en Europe, Amérique latine et Asie. Mais le déplacement de Richoz est temporaire et se traduit principalement par des résidences et des collaborations avec des artisans locaux. Bien qu’elle cite parfois un vocabulaire local, la plupart du temps elle effectue un rapprochement entre les techniques régionales et son propre langage créatif. Grâce à ce processus, elle crée des objets de design qui transcendent leurs origines géographiques.

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[→ English]
[→ Français]

Cooperating between London and New York, No Plans (Daniel Baer and Daniel Pianetti) have developed a practice that lends itself particularly well to collaborating across an ocean. The duo of graphic designers transcends the hurdles of physicality by carving a corner of the web as their place of work. “We often get introduced to new people via our personal network, which is local to a certain degree. But we have worked with many people with whom we have never sat at the same table. The fact that our creations live on the web makes it easier for us to have a global audience.”

Asked to reflect on their relation to physical scenes, No Plans explain that “in London, the cultural sector does not have much funding. You have to learn to think commercially while protecting your integrity. New York’s situation is similar but with a more prominent role for the tech industry, whose design principles are sometimes at odds with our type of practice. [But working with the tech industry] can also bring exciting collaborations that are harder to find in Europe.”

Coopérant entre Londres et New York, No Plans (Daniel Baer et Daniel Pianetti) a développé une pratique qui se prête particulièrement bien à une collaboration d’un côté de l’océan à l’autre. Le duo de designers graphiques transcende les obstacles physiques en se taillant un coin du web comme lieu de travail. « On rencontre souvent de nouvelles personnes via notre réseau personnel, qui est local à un certain degré. Mais on a travaillé avec plusieurs personnes avec qui nous n’avons jamais été assis à la même table. Le fait que nos créations vivent sur le web nous permet un accès plus facile à une audience globale. »

Lorsqu’on leur demande quelle est leur relation aux scènes physiques, les designers de No Plans expliquent : « à Londres, le secteur culturel n’a pas beaucoup de financement. Nous avons dû apprendre à penser ‹ commercial › tout en protégeant notre intégrité. La situation de New York est similaire, mais avec un rôle prépondérant joué par le secteur des technologies, dont les principes de design sont parfois en contradiction avec notre type de pratique. [Mais travailler pour ce secteur] peut aussi créer des opportunités passionnantes qui sont plus difficiles à trouver en Europe. »

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Location, location, location
Location, location, location
[→ English]
[→ Français]

In the Channel 4 TV show Location, location, location, the presenters try to find the ideal home for a different set of buyers every week. Just like them, Denis Roueche and Prune Simon-Vermot (nominated in mediation) found the perfect place in Neuchâtel for their space showing design and art exhibitions. The duo transformed a bus shelter into a venue called Palais–Galerie. Before upgrading a transient waiting space to a transdisciplinary destination, the pair organised exhibitions in various locations across Western Switzerland. It is thus fitting that their activities settled down — stop on request! — in a building symbolic of commuting and travel. But the palatial venue (15m2) extends beyond physical space. It explores territories between design and art, bringing together a “constellation of singular subcultures [not yet] mapped”.François Rappo, “Intersection.” [Palais–Galerie dossier], n.d 2018? Palais–Galerie offers not only a welcome addition to the small landscape of galleries showing art and design, but also a destination located outside of the usual circuit of design cities.

Dans Location, location, location – la série produite par Channel 4 – les présentateurs tentent de trouver le bien immobilier idéal pour différents acheteurs chaque semaine. Tout comme eux, Denis Roueche et Prune Simon-Vermot (nominés dans la catégorie médiation) ont trouvé l’endroit parfait à Neuchâtel pour leur espace d’expositions d’art et de design. Le duo a transformé un abri de bus en un lieu du nom de Palais–Galerie. Avant de surclasser une salle d’attente en une destination transdisciplinaire, Roueche et Vermot organisaient des expositions dans plusieurs lieux de Suisse Romande. Quoi de plus naturel que leurs activités se soient installées – arrêt sur demande ! – dans un bâtiment symbolisant trajets quotidiens et voyages ? Mais la galerie aux allures de palais de 15 m2 s’étend au-delà de l’espace physique : elle explore des territoires entre art et design, réunissant « une constellation de ‹ sous-cultures › esthétiques singulières et non cartographiées ».François Rappo, « Intersection ». [Palais–Galerie dossier], n.d, 2018?. Palais—Galerie offre non seulement une addition bienvenue au paysage réduit des galeries montrant aussi bien art que design, mais aussi une destination située en-dehors du circuit habituel des villes abritant ces institutions.

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Mapping the constellation of practices
Cartographier la constellation des pratiques
[→ English]
[→ Français]

Nominated in the mediation category, common-interest (Nina Paim and Corinne Gisel) move across geographies that are not physical but concerned by methods. They have built a practice merging critical inquiry and creative storytelling to make research public. The duo uses the media they find most relevant for the situation. This includes publications, exhibitions, workshops or texts, but also pizza — for an event organised with fellow nominees depatriarchise design.

Nominé dans la catégorie médiation, le groupe common-interest (Nina Paim et Corinne Gisel) se déplace à travers des géographies qui ne sont pas physiques, mais plutôt concernées par les méthodes. Le duo a construit une pratique qui fusionne enquête critique et narration créative dans le but de rendre la recherche publique. Common-interest utilise le média qu’il trouve être le plus approprié pour chaque situation. Cela inclut des publications, des expositions, des workshops et des textes, mais aussi des pizzas (en l’occurrence, pour un événement organisé avec leurs collègues de depatriarchise design qui sont également nominées cette année).

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“The #Pritzker 🍕 (🧀 = female winners).” Quite literally, a pie chart diagram showing the ratio of male to female winners of the Pritzker prize. Photograph: @ofcommoninterest
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A view of the “Department of Non-Binaries”Photograph: Obaid Al Budor
[→ English]
[→ Français]

The duo presents their work as curators of an exhibition part of the Fikra Biennial in Sharjah (United Arab Emirates). Titled Ministry of Graphic Design, the biennial was organised in several departments. Common-interest developed the Department of Non-Binaries that focused on practices “blurring the categories traditionally used to delineate genres, audiences, markets and attitudes within graphic design”.Common-interest, “Department of Non-Binaries: an exhibition about hybrid design practices and identities.” [common-interest dossier], 2019. Their curation mapped an area without defined edges that displayed the possibilities offered by designerly ways of working.

Les deux designers présentent leur travail comme curatrices d’une exposition de la Biennale de Fikra à Sharjah (Emirats Arabes Unis). Sous le titre Ministère du Design Graphique, la biennale était organisée en plusieurs départements. Common-interest a développé le Département des Non-Binaires et s’est penché sur les pratiques qui « floutent les catégories utilisées traditionnellement pour délimiter les genres, audiences, marchés et attitudes au sein du design graphique. »Common-interest, « Department of Non-Binaries : an exhibition about hybrid design practices and identities. » [common-interest dossier], 2019. Leur travail a cartographié une zone sans bordures définies qui démontrait les possibilités offertes par des méthodes de travail informées par le design.

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[→ English]
[→ Français]

Mediators depatriarchise design (Maya Ober in Basel and Anja Neidhardt in Berlin) share a similar talent for moving across territories of practice. They use formats including workshops, labs, talks, publications and a weblog to “examine the complicity of design in the reproduction of oppressive systems, focusing predominantly on patriarchy, using intersectional feminist analysis.”Depatriarchise design, About depatriarchise design [https://depatriarchisedesign.com/about/, 26 March 2019], n.d. By sharing texts in a wide variety of languages, they extend the discourse beyond the usual Anglo-centric sphere. “We think the term ‘global village’ has been misinterpreted. The question of accessibility has to be posed before we state that we are all part of one. McLuhan said that ‘the world has become a computer, an electronic brain’McLuhan, The Gutenberg Galaxy. — but we ask: who has access to this brain? We would like to develop different forms of knowledge production and cultural mediation. We actively use our positionalities, which means we aim to become aware of who we are, where we come from and how our thinking and acting is shaped by our identities. Nobody fits into neat categories. We aim to acknowledge these diverse realities and contexts.”

The pair explain that one field cannot be envisaged without its neighbours. “We have to think about the different layers and ‘geographies’ of a design. Since the globalisation of mass production especially, industrial design is integrated into what bell hooks names the ‘imperialist white supremacist capitalist patriarchy’.Gloria Jean Watkins, who writes under the name bell hooks, is an American author, professor and activist whose work focuses on the intersectionality of race, capitalism, gender, oppression and class domination. bell hooks, Feminism is for everybody. London: Pluto Press, 2000. For instance, a majority of electronic devices consumed in the so-called Global North are assembled in Asian countries — and after their consumption disposed in African slums. But geography can also be very physical. Our latest initiative !Labs! takes place on a local level in Basel, and at the same time has a strong online presence.”

Les médiatrices de depatriarchise design (Maya Ober à Bâle et Anja Neidhardt à Berlin) partagent un talent similaire pour se déplacer dans les territoires de la pratique. Elles utilisent entre autres des workshops, laboratoires, conversations, publications et un blog pour « examiner la complicité du design dans la reproduction de systèmes oppressifs, en se concentrant essentiellement sur le patriarcat, à l’aide d’une analyse féministe intersectionnelle. »Depatriarchise design, About depatriarchise design [https://depatriarchisedesign.com/about/, 26 mars 2019], n.d. En publiant des textes dans diverses langues, elles étendent le discours au-delà de la sphère anglo-centrique habituelle. « Nous pensons que le terme ‹ village global › a été mal interprété. On doit se poser la question de l’accessibilité avant de dire qu’on en fait tous partie. McLuhan a dit que ‹ le monde est devenu un ordinateur, un cerveau électronique ›McLuhan, « The Gutenberg Galaxy ». – mais nous posons la question : qui a accès à ce cerveau ? Nous aimerions développer des formes différentes de production de connaissances et de médiation culturelle. Nous utilisons activement nos ‹ positionalités ›, ce qui veut dire que nous avons pour but de devenir conscientes de qui nous sommes, d’où nous venons et comment nos façons de penser et d’agir sont façonnées par nos identités. Personne ne peut être réduit à des catégories bien rangées. Nous avons pour but de faire reconnaître la diversité de ces réalités et contextes. »

Le duo explique qu’un champ de pratique ne peut pas être envisagé sans ses voisins. « Nous devons penser aux différents niveaux et ‹ géographies › du design. En particulier depuis que la production de masse s’est globalisée, le design industriel est intégré dans ce que bell hooks appelle le ‹ patriarcat impérialiste blanc suprématiste capitaliste. ›Gloria Jean Watkins, qui écrit sous le nom de bell hooks, est une auteure, professeure et activiste américaine dont le travail se concentre sur l’intersectionnalité de la race, du capitalisme, du genre, de l’oppression et de la domination des classes. bell hooks, « Feminism is for everybody ». Londres : Pluto Press, 2000. Par exemple, la majorité des appareils électroniques consommés dans le Nord dit global est assemblée dans des pays asiatiques – et après leur consommation, on s’en débarrasse dans des bidonvilles africains. Mais la géographie peut aussi être très physique. Notre initiative la plus récente, !Labs!, a lieu localement à Bâle, mais a en même temps une forte présence en ligne. »

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“Creating networks and connections between designers, researchers and activists, whether they are based in Buenos Aires, Beirut or London, brings mutual support, comprehensive exchange and immense hope”

« Créer des réseaux entre designers, chercheuses et activistes qui partagent des expériences de lutte similaires au sein du champ du design, qu’elles soient basées à Buenos Aires, Beyrouth ou Londres, apporte un soutien mutuel, un échange étendu et un immense espoir. »

[→ English]
[→ Français]

Explaining the power lent by an online presence, depatriarchise design say that “the seam between digital and physical enables different angles of feminist work. Sara Ahmed writes that living a feminist life, and being the ‘killjoy’, can make us feel lonely.Sara Ahmed is an independent feminist scholar and writer who was the inaugural director of the Centre for Feminist Research at Goldsmiths University in London. On the other hand, creating networks between designers, researchers and activists who share similar experiences of struggle within the design field, whether they are based in Buenos Aires, Beirut or London, brings mutual support, comprehensive exchange and immense hope.”

Expliquant le pouvoir offert par une présence en ligne, depatriarchise design explique que « la soudure entre le digital et le physique nous permet différents angles de travail féministe. Sarah Ahmed écrit que vivre une vie féministe, et être les ‹ rabat-joie  ›, peut nous donner un sentiment de solitude.Sara Ahmed est une universitaire féministe et une écrivaine indépendante qui fut la première directrice du Centre pour la Recherche Féministe à la Goldsmiths University de Londres. En même temps, créer des réseaux entre designers, chercheuses et activistes qui partagent des expériences de lutte similaires au sein du champ du design, qu’elles soient basées à Buenos Aires, Beyrouth ou Londres, apporte un soutien mutuel, un échange étendu et un immense espoir. »

Geographies as sources and narratives
Les géographies comme sources et récits
[→ English]
[→ Français]

Certain designers explicitly harness the strong narratives contained in geographies. Product designer Christian Paul Kägi presents Bananatex, a collection created for his brand Qwstion. It uses a specially developed fabric made of fibres of the Abacá banana plant (Musa textilis). The collection is representative of the networks of production. Kägi developed the collection in Zurich; the Abacá is grown in the Philippines, then woven in Taiwan. The promotional series of photographs for Bananatex builds on this globality. It shows models wearing the bags in the various sites where the fibres are harvested and transformed. The narratives surrounding the research and production processes are thus part of the final object.

Certain·e·s designers exploitent explicitement le fort pouvoir narratif contenu dans la géographie. Le designer de produit Christian Paul Kägi présente Bananatex, une collection créée pour sa marque Qwstion, qui fait usage d’un tissu spécialement développé à base des fibres du bananier Abaca (Musa textilis). La collection est représentative des réseaux de production. Kägi l’a développée à Zurich, l’Abaca pousse aux Philippines et ses fibres sont tissées à Taïwan. La série de photographies promotionnelles pour Bananatex tire parti de cette globalité. Elle montre des modèles portant les sacs dans les divers sites où les fibres sont récoltées puis transformées. Les récits autour des processus de recherche et procédés de production sont donc partie intégrante de l’objet final.

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[→ English]
[→ Français]

Textile designer Marie Jambers also builds on the places of production — albeit on a local scale — by using wool from an association of producers in Neuchâtel. The local sourcing of material works well with the themes explored in her work. She creates an intimate universe of shapes, colours and materials that can be touched and lived. Her textiles evoke a micro-geography down to the scale of the hand: free rein is given to experiments at the loom, producing a fabric that can be played with, dyed or assembled.

La designer de textiles Marie Jambers se base aussi sur les lieux de production – quoique cette fois sur une échelle locale – en utilisant la laine d’une association neuchâteloise de producteurs. La provenance locale du matériau est en ligne avec les thèmes qu’elle explore dans son travail. Jambers crée un univers intime de formes, couleurs et matériaux qui peuvent être touchés et vécus. Ses textiles évoquent une micro-géographie à l’échelle de la main. Au métier à tisser, elle laisse libre cours à l’expérimentation, produisant un tissu avec lequel on peut jouer, qu’on peut teindre ou assembler.

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[→ English]
[→ Français]

Another textile designer, Estelle Bourdet similarly builds on micro-geographies. In her dossier, she quotes The poetics of space.Gaston Bachelard’s 1957 text discusses the potential of the poetic image as an ontological device. Its originality comes from the predominance given to imagination and poetics as a major power of human nature. By referring to parts of a house, Bourdet bases her work on Bachelard’s use of spatial typologies as metaphors of homes for our souvenirs. Her weavings reflect the characteristics of the bedroom, the hall, the garden and so on by using colours, proportions and motifs that explore the representation of living spaces. To that microscopic examination, Bourdet adds a macroscopic dimension. Her project aims to be a social, formal and temporal recontextualization of carpet production that exists in Sweden since the 18th century.

Une autre designer de textile, Estelle Bourdet, fait également usage de micro-géographies. Dans son dossier, elle cite La poétique de l’espace.Le texte de 1957 de Gaston Bachelard explore le potentiel de l’image poétique comme outil ontologique. Son originalité tient à la place prépondérante donnée à l’imagination et la poétique comme puissance majeure de la nature humaine. En faisant référence aux pièces d’une maison, Bourdet se base sur les typologies spatiales de Bachelard et développe des textiles en domiciles métaphoriques pour nos souvenirs. Ses tissages reflètent les caractéristiques de la chambre, du couloir, du jardin et ainsi de suite en utilisant des couleurs, proportions et motifs qui explorent la représentation d’espaces vivants. À cet examen microscopique s’ajoute une dimension macroscopique. Bourdet vise à recontextualiser de manière sociale, formelle et temporelle la production artisanale de tapis existant en Suède depuis le 18e siècle.

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A textile developed by Estelle Bourdet marrying digital sketches and traditional weaving techniquesPhotograph: Moostang
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Fashion designer Eliane Heutschi adds the dimension of history to geography. She found her mission while working for an NGO in Peru, where she realised the importance of perpetuating ancestral know-hows which are in the hands of a dwindling number of artisans. She decided to base the collections of her brand [savoar fer] on techniques which can often be traced to specific locations. Her AW17 collection made use of bobbin lace, which was developed in Italy and Belgium in the 15th century. SS18 referred to our mothers and grandmothers’ use of the cross stitch. Finally, AW18 used knife pleats, which originate from Scotland.

La designer de mode Eliane Heutschi ajoute la dimension de l’histoire à celle de la géographie. Elle ressent une prise de conscience lorsqu’elle travaille pour une ONG au Pérou, où elle réalise l’importance de perpétuer les savoir-faire ancestraux qui sont en possession d’un nombre toujours plus restreint d’artisans. Heutschi décide de baser les collections de sa marque [savoar fer] sur des techniques qui peuvent souvent être rattachées à des lieux spécifiques. Sa collection AW17 utilise la dentelle à fuseaux, qui fut développée en Italie et en Belgique au 15e siècle. La collection SS18 fait référence à l’utilisation du point de croix par nos mères et grand-mères. Finalement, la collection AW18 utilise un pli plat dont l’origine peut être retrouvée en Ecosse.

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But origins, historical or autobiographical, are not always the source of peaceful inspiration. Their push-pull influence is explored in the collections of fashion designer Bryan Colò, who needed to leave his village to reassess and redefine the richness of his identity. Forced in exile to be able to live freely as a gay man, he soon found that the promised land — in his case, Geneva — was a dystopia ruled by bureaucrats. Using satire, caricature and the tradition of Carnival, Colò takes his revenge on both the village and the city. He creates a collection that alludes to power dressing (blazer, trench coat and trousers) and to sportswear, fabricating armour for him to confront demons past and present.

Cependant, les origines – historiques ou autobiographiques – ne sont pas toujours source d’inspiration paisible. Leur influence en tiraillement est explorée dans les collections du designer de mode Bryan Colò, qui a eu besoin de quitter son village pour réévaluer et redéfinir la richesse de son identité. Forcé à l’exil afin de pouvoir vivre librement en tant qu’homme gay, il découvrit rapidement que la terre promise – dans son cas, la ville de Genève – était en fait une dystopie où règnent les bureaucrates. En utilisant la satire, la caricature et la tradition du carnaval, Colò prend sa revanche tant sur le village que sur la ville. Il crée une collection qui fait allusion au power dressing (blazer, trench et pantalons) et aux vêtements de sport, se fabriquant une armure qui lui permet d’affronter les démons passés et présents.

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Also stemming from the autobiographical, the work of photographer Solène Gün addresses geography and migration. An immigrant from Turkey herself, Gün’s project deals with young male Turkish emigrants in the suburbs of Paris and Berlin. On her images, barbed wire contrasts with pigeons taking flight or a figure looking into the distance. While migration is often attempted in hope for a better world, here the destination suggests otherwise. The non-places documented by Gün convey a mundane daily life haunted by the void of displacement where the reconstruction of identity happens through the recreation of a community.

Provenant aussi de sources autobiographiques, le travail de la photographe Solène Gün aborde la géographie et la migration. Elle-même issue de l’immigration turque, Gün traite dans son projet du quotidien de jeunes Turcs dans les banlieues parisiennes et berlinoises. Sur ses images, du fil de fer barbelé contraste avec des pigeons prenant leur envol ou une silhouette regardant au loin. Bien que la migration soit souvent une tentative d’atteindre un monde meilleur, ici la destination suggère une autre réalité. Les non-lieux documentés par Gün trahissent l’impression d’une vie quotidienne banale, hantée par le vide du déplacement, où la reconstruction de l'identité passe par la recréation d'une communauté.

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The global village square
La place du village global
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So what have we learned on our tour of the global village square? By mapping the projects and practices of a selection of nominees, we have seen the different venues where geography exerts its influence. Sometimes, location merely provides a flavour to the work. In other instances, geography functions as a framework that organises the creative life of the studio or provides new sources of inspiration. Choosing where to situate a practice or a project, both physically and metaphorically, locates and expands the possibilities offered by design. Geographies can also be used as source material in designers’ work. In the latter examples, notions of provenance, situation or destination are determining in the process and the outcome: geography has a peritextual quality. The cartography shows that the impact of geographies is far from reductive: it both locates and expands practices. Some projects are maps, others territories. By looking at them from the angle of geography, a prismatic understanding of design is revealed.

Alors, qu’avons-nous appris lors de notre tour de la place du village global ? En cartographiant les projets et les pratiques d’une sélection de nominé·e·s, nous avons pu voir les différents lieux où la géographie exerce son influence. Parfois, l’emplacement ne fournit qu’une couleur au travail. Dans d'autres cas, la géographie fonctionne comme un cadre organisant la vie créative du studio ou fournissant de nouvelles sources d'inspiration. Choisir où situer sa pratique ou un projet, tant physiquement que métaphoriquement, localise et élargit les possibilités offertes par le design.

Les géographies peuvent également être utilisées comme sources dans le travail des concepteurs. Dans ces derniers exemples, les notions de provenance, de situation ou de destination sont déterminantes dans le processus, autant que le résultat. Dans ces cas, la géographie a une qualité péritextuelle. La cartographie montre que l’impact des géographies est loin d’être réducteur. Il localise et élargit les pratiques. Certains projets sont des cartes, d'autres des territoires ; en les regardant sous l'angle de la géographie, une lecture prismatique du design est révélée.

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Jonas Berthod is a graphic designer, researcher and writer based in London. He is a PhD candidate in design history, a lecturer at ECAL and a visiting lecturer at the Royal College of Art. Existing between theory and practice, his work spans a wide range of topics connected to design.

Jonas Berthod est un designer graphique, chercheur et écrivain basé à Londres. Doctorant en histoire du design graphique, il enseigne également à l'ECAL et au Royal College of Art. Son travail, entre pratique et théorie, couvre une série de sujets liés au design.

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